Senatory Poll
LE GOSIER
Plus HAUT......... Plus FORT......... Plus GRAND........
Le Changement
Moun'Gozié-Patrick-Gob-Engagement

Nos collectivités alimentent les 52 semaines de l’année avec "fêtes et manger" à tous les étages.

Sommes-nous donc devant une fatalité ou est-ce simplement une stratégie de ces collectivités, en raison de leur incurie et de leur incompétence, installant dans nos cerveaux la passivité et le désengagement citoyen avec du ‘pain et des jeux’.

C’est donc toujours de la distraction pour détourner l’attention des citoyens des problèmes de gestion du quotidien et ainsi éviter les questions sérieuses ?

Aucune de nos collectivités ne fait de bilan financier, de rapport d’activité, de compte rendu sur la gestion de notre argent, mais elles ont toutes dans leur programme des festivités passées et à venir pour la mandature.

Devant les difficultés économiques de plus en plus prégnantes, des restrictions budgétaires contraintes par le projet de loi de finances, des diminutions des aides sociales, des dotations financières de l’État qui diminuent, des impôts qui augmentent, des retraites et le RSA impactées défavorablement, la plupart des collectivités de l’hexagone anticipe, en réduisant la voilure de leurs dépenses non essentielles.

Il faut croire que nos élus ont vu le Christ, car c’est encore et toujours « Collectivités la croisière s’amuse » sur l’océan des feux d’artifice et des paillettes pour cacher la misère du territoire.

Ce spectacle en continu ne remplit nullement les assiettes de nos compatriotes. Chaque euro dépensé en fêtes et en musique est un euro de moins pour le soutien social et l’aide aux familles en difficulté présent et à venir.

Manger des petits fours et boire du champagne sans compter, alors que l’État impose déjà ses mesures d’économies sur les dépenses sociales et les services publics. Notre économie est frappée par une précarité plus importante qu’en France et pourtant, pour nos collectivités, pas de budget dans le rouge. Elles comblent leur absence de projet, leur incapacité à améliorer le destin collectif par de l’immobilisme festif, porteur d’irresponsabilité et de dilettantisme.

La question est de savoir si ce défouloir organisé est une catharsis qui permet de purger les passions.

Toutefois, promouvoir des manifestations festives n’est aucunement incompatible avec un gain d’argent pour ces collectivités si tout cela est pensé, organisé avec une vision de développement du territoire.

Mais ces fêtes décidées du jour au lendemain permettent à certaines entreprises complices qui n’ont aucun salarié de fournir à une collectivité une facture de 454 000 euros de sonorisation et de location de scène pour une seule manifestation ; du grand n’importe quoi ! Quid de la vie chère dénoncée à tue-tête ? Non, c’est distraction des masses avant tout.

À quel moment ces collectivités sont-elles à l’écoute du peuple quand leur programme c’est fêtes et musique toute l’année, donnant à penser qu’il n’y a pas de problème sous les tropiques.

C’est donc la méthode cinématographique du clientélisme, de l’industrie du divertissement sans bénéfice.

Un système politique dépassé

Depuis la départementalisation, rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est des élus adoptant la formule parisienne pour l’Outre-Mer : promesses vides avec des lendemains qui chantent.

À vrai dire, la Guadeloupe n’a jamais été un département, mais simplement une « colonie-départementalisée » depuis 1946, ne voyant rien venir, si ce n’est la venue depuis cette date de plus de 65 ministres de l’Outre-mer.

Le spectacle est toujours le même ; des élus qui affluent à l’aéroport pour accueillir des ministres dans une ambiance de « doudouisme » et toujours, le ministre promet tout et n’importe quoi pendant 65 secondes au journal télévisé de 19 h 30 sans connaitre la réalité de nos régions et repart illico.

Le comble de l’aliénation et de l’humiliation viendra avec Manuel Valls, 66ᵉ ministre de l’Outre-Mer et ancien premier ministre socialiste sous François HOLLANDE qui déclarait en juin 2020 sans aucune pudeur historique que « la colonisation fait partie de notre histoire avec des aspects lumineux ».

Bien entendu, cet éclaireur en chef sera bientôt reçu chez nous avec déférence à l’aéroport par nos élus serrés en rang d’oignons. La bouffonnerie à l’état pur.

Aujourd’hui, devant autant de servilité, fort de mon expérience, je dis qu’il nous faut une nouvelle équation politique, une nouvelle race d’hommes politiques pour remplacer ce vieux monde politique, pour remplacer la dictature des fêtes et musique par de la démocratie participative, car ce pays Guadeloupe a des ressources, surtout des ressources humaines.

Un appel à la responsabilité et à l’action

Il faut s’émanciper de ce vieux monde politique local usé, vieux monde dans la confusion institutionnelle, vieux monde épuisé par ses banalités et ses démagogies, vieux monde sans culture historique du pays Guadeloupe, vieux monde sans amour pour le pays Guadeloupe, vieux monde de la servilité archaïque et opportuniste, mais qui n’a qu’un seul quai : Le divertissement et l’irresponsabilité

Il faut donc penser et agir en responsabilité pour la justice sociale, nullement incompatible avec les manifestations festives, mais organisées et pensées pour le peuple et porteuses de ressources supplémentaires pour la collectivité.

Il y a un véritable savoir-faire local capable d’apporter une valeur ajoutée économique aux manifestations sur le territoire, contrairement à cette distribution d’argent des collectivités pour des spectacles gérés par des amis carnivores.

Il faut donner du sens à la politique avec une vision et de la gouvernance portant des réponses aux problèmes quotidiens, mettant en ‘musique’ des projets avec l’adhésion des citoyens contrairement au vieux monde qui s’encroute à toujours utiliser les mêmes outils de campagne électorale à savoir fêtes et musique pour pérenniser le clientélisme.

Cette nouvelle équation politique est urgente en raison du chaos mondial actuel, de la faiblesse et du déclassement économique de la France qui entraîneront des répercussions fâcheuses sur notre territoire.

Cette nouvelle équation politique a besoin de ces hommes nouveaux capables de relever les futurs défis économiques et institutionnels du territoire.

Bientôt, l’État sera moins présent et abandonnera financièrement notre territoire, car il est lui-même étranglé par une dette de plus de 3 300 milliards d’euros.

La France sera moins présente institutionnellement dans notre territoire parce qu’elle n’a pas les moyens d’être la deuxième puissance maritime du monde et ne tient plus son rang.

L’exemple d’abandon est illustré par Mayotte, département totalement dévasté par le cyclone, méprisé par un premier ministre qui préfère son conseil municipal de PAU au lieu d’un déplacement immédiat sur l’ile.

Tout cela n’annonce que de l’indifférence future pour notre territoire.

Pour toutes ces raisons, il faut nécessairement une nouvelle équation politique qui met en exergue le sens du pays et non le sens des intérêts des partis nationaux déconnectés des difficultés quotidiennes de vie sur le territoire.

Une nouvelle équation politique qui bannit les promesses d’emploi pour tout le monde dans les collectivités, qui bannit les promesses d’enrobage et de feuilles de tôle gratuites pour tout le monde dans les quartiers, et qui bannit les passe-droits pour les amis politiques.

Une nouvelle équation politique consubstantielle à la responsabilité et à l’engagement dans l’intérêt général.

Cette nouvelle équation politique parle de développement durable, d’écologie, de sécurité, de prospérité des citoyens,

Cette nouvelle équation politique parle de développement économique endogène pour l’attractivité du territoire, mais parle aussi de manifestations festives qui apportent de la valeur ajoutée économique au territoire.

Une nouvelle équation politique avec une nouvelle race d’hommes politiques, ayant la maitrise de la gestion publique, du monde global, de l’intérêt supérieur de leur peuple.

Une nouvelle race d’homme qui parle du rapport nouveau et adulte à établir avec la France, car forte d’une opinion publique guadeloupéenne agissante loin des malversations, des détournements de fonds publics, etc.

Une nouvelle race d’hommes politiques, éloignée du vieux monde, éloignée de cette faillite politique, encore porte-parole de l’humiliation coloniale, qui est enivrée, saoulée par « fêtes et musique » depuis 1635, date des premières mentions du rhum en Guadeloupe.

Bref, on peut dire sans malice que depuis 400 ans, Rhum, tu tiens notre cerveau antillais par des « fêtes et musique » !

Bien joué, État colonial aidé des collectivités.

Patrick GOB

1 Commentaire

  • Martial Freddy

    27 Jan 2025

    Écrit Très réaliste et factuel qui met en lumière un véritable système politique qui est accepté tacitement (« qui ne dit mot [maux], consent ») par un peuple qui mérite mieux, pourrait désirer mieux, mais à qui ses élus offrent un présent et un àvenir médiocres : pas d’eau, des terres durablement empoisonnées, un taux de chômage endémique, le grand remplacement de sa jeunesse, une insoutenable vie chère et….. : une liste non exhaustive de maux, de plaies sur lesquelles nos gouvernants appliquent le baume magique de la fête, notre éternel opium, le carburant de notre résilience.
    Lorsque l’on devient un politique, quand on est élu par son peuple c’est pour servir ce peuple, c’est pour faire allégeance, non pas à un système qui détruit ce peuple, mais pour faire triompher l’intérêt supérieur et non négociable, inexpugnable de ce peuple.
    Que nos élus l’entendent : La Guadeloupe n’est pas seulement une terre de sportifs, mais également une pépinière de talents, de génies, d’énergies, de pépites que nous, à Moun Gozié sauront faire rayonner.
    Faire réussir notre peuple du Gosier et redonner espoir à notre Guadeloupe seront notre seule boussole
    Freddy Martial

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